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Gouache, aquarelle, pastel ou dessin : comment identifier la technique d’une œuvre sur papier
Transparence, opacité, poudre de couleur et trait : comment distinguer une aquarelle d’une gouache, d’un pastel ou d’une sanguine, ce que sont les gouaches napolitaines du Grand Tour, comment écarter une reproduction et comment conserver les œuvres sur papier.

Les œuvres sur papier – aquarelles, gouaches, pastels et dessins – sont l’un des moyens les plus abordables de collectionner de l’art ancien signé. Ce sont aussi celles qui soulèvent le plus de questions dans les annonces : « aquarelle » est souvent employé pour n’importe quelle peinture sur papier, et ce n’est pas la même chose. Savoir quelle technique vous avez sous les yeux aide à la décrire, à l’estimer et, surtout, à la conserver, car chacune est fragile à sa manière.
L’aquarelle : le blanc, c’est le papier
L’aquarelle est un pigment très fin lié à la gomme arabique et dilué dans l’eau. Elle est transparente : les couches de couleur laissent voir le papier et ce qui se trouve dessous. C’est pourquoi, dans une aquarelle pure, les blancs et les lumières sont le papier lui-même, que le peintre laisse en réserve. Autres indices :
- Des lavis superposés qui se voient les uns à travers les autres.
- Des bords plus sombres là où l’eau a séché, et des fondus doux entre les couleurs.
- Souvent, un dessin préparatoire au crayon visible sous la couleur.
- Une surface plane, sans matière : la couleur est dans le papier, pas dessus.
La gouache : une couleur opaque et mate
La gouache est une aquarelle opaque : elle contient davantage de pigment et une charge blanche qui couvre ce qui se trouve dessous. Elle permet de peindre clair sur foncé, avec des couleurs en aplat, veloutées, au fini mat. Si vous voyez des blancs peints par-dessus la couleur, des ciels lisses et couvrants ou de petits détails clairs sur des fonds sombres, il s’agit probablement d’une gouache. Là où la couche est épaisse, elle peut se craqueler ou s’écailler ; mieux vaut donc l’examiner à la loupe.
Les gouaches napolitaines du Grand Tour
Entre la fin du XVIIIe siècle et le XIXe, Naples était une étape incontournable du Grand Tour, le voyage de formation de l’élite européenne en Italie. Les ateliers de la ville vendirent à ces voyageurs des milliers de vues à la gouache : la baie, Capri, le Pausilippe, Pompéi et, surtout, le Vésuve, de jour ou en éruption. Beaucoup portent le nom du lieu inscrit dans la marge inférieure, comme cette vue portant l’inscription «Golfo di Baia», et la plupart ne sont pas signées. Ce sont des œuvres originales peintes à la main, souvent en séries, que l’on collectionne aujourd’hui pour leur lumière et leur valeur documentaire.
Le pastel : de la couleur en poudre
Le pastel se présente en bâtonnets de pigment presque pur avec très peu de liant. Il s’applique à sec et la couleur reste comme une poudre sur la fibre du papier, avec un aspect velouté et lumineux. À la loupe, on voit les particules de couleur sur les reliefs du papier, et parfois des traces de poudre sur le passe-partout. C’est la technique la plus fragile : un frottement ou un choc peuvent faire tomber la couleur. C’est pourquoi on ne touche jamais un pastel, on le transporte à plat et on l’encadre avec le verre écarté de l’œuvre. Notre catalogue en offre un bel exemple : un pastel d’Eugène Boudin représentant un voilier à Honfleur.
Le dessin : sanguine, fusain, crayon et encre
- Sanguine : craie d’un rouge terreux, très utilisée depuis la Renaissance pour les études de figure et de paysage. Comme ce couple sous les arbres de René Seyssaud.
- Fusain : noir, mat et poudreux. Il s’estompe facilement s’il n’est pas fixé.
- Crayon graphite et crayons de couleur : un trait légèrement brillant et métallique dans le cas du graphite.
- Encre : appliquée à la plume ou au pinceau, parfois associée à des lavis de sépia ou d’encre diluée, comme dans ce dessin de Raoul Dufy pour Paul Poiret.
Beaucoup d’œuvres combinent plusieurs techniques : aquarelle rehaussée de gouache pour les lumières, dessin au crayon avec lavis, sanguine avec sépia. Une bonne description le précise.
Original ou reproduction ?
Le test le plus simple, c’est la loupe. Une reproduction imprimée montre une trame de points réguliers dans les zones de couleur. Sur un original, vous verrez des coups de pinceau, du pigment pris dans les fibres, des traits de crayon sous l’aquarelle, de la poudre de pastel ou le sillon d’une plume. Regardez aussi le papier à contre-jour et le verso : restes d’anciens montages, inscriptions ou cachets de collection. Si vous hésitez entre un dessin original et une gravure coloriée à la main, nos guides sur les gravures anciennes et sur les cartes anciennes expliquent comment reconnaître l’empreinte de chaque technique d’impression.
Comment conserver les œuvres sur papier
- Lumière : l’aquarelle et la gouache pâlissent au soleil. Accrochez-les loin des fenêtres et, si possible, sous un verre anti-UV.
- Passe-partout de conservation : sans acide, pour que l’œuvre ne touche pas le verre et que le carton ne jaunisse pas le papier.
- Humidité : évitez les murs froids et les salles de bains. L’humidité favorise les rousseurs et les moisissures.
- Pas de ruban adhésif : ni pour fixer l’œuvre ni pour réparer les déchirures. On la monte avec des charnières en papier japon.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre la gouache et l’aquarelle ?
L’aquarelle est transparente et laisse voir le papier. La gouache est opaque et couvrante. Dans une aquarelle, les blancs sont le papier ; dans une gouache, les blancs sont peints.
Peut-on nettoyer une aquarelle ou un pastel ?
Pas chez soi. La moindre humidité ou le moindre frottement les abîme. Les taches, les déchirures ou les moisissures relèvent d’un restaurateur d’œuvres sur papier.
Une œuvre sur papier vaut-elle moins qu’une huile ?
Pour un même artiste, généralement oui. C’est pourquoi les œuvres sur papier sont un bon moyen de posséder des œuvres originales de peintres connus à des prix plus accessibles.
Œuvres sur papier au catalogue
Gouaches napolitaines du XIXe siècle, aquarelles, pastels et dessins à la sanguine, à l’encre et au crayon d’artistes signés, avec dimensions et technique sur chaque fiche.
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